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L’histoire du temple Shaolin en Chine

Le temple Shaolin a été construit en l’an 495 apr. J.-C. aux pieds du mont Song (Songshan), sous les ordres de l’empereur Hsiao Wen.

Le temple avait une double vocation, à la fois religieuse et comme lieu de préservation et de transmission de la connaissance. Sur les plans d’origine, il était composé d’un sanctuaire, où étaient conservées des reliques sacrées et d’un centre pour la traduction des écrits religieux et philosophiques du sanscrit au chinois.

Par les efforts du moine bouddhiste indien Bodhidharma - dámó en chinois - le bouddhisme chan s’est développé dans les murs du monastère Shaolin. De là, cette philosophie religieuse s’est dispersée dans tout le moyen-orient, en particulier au Japon où il devient le Zen.

Sous l’influence de Bodhidharma et accompagnés par la pensée zen, les arts martiaux se développent et connaissent une progression rapide. Les deux sphères, spirituelle et physique, sont si bien interconnectées qu’elles sont devenues indissociables.

Au temple Shaolin, les arts martiaux étaient pratiqués à la fois pour l’acquisition de techniques d’autodéfense, de même qu’ils constituaient un entrainement pour le maintien de la forme physique. D’importance tout aussi égale, leur pratique permettait aussi le développement mental et spirituel. Bodhidharma a par ailleurs enseigné des exercices et des méthodes de respiration, qui sont restés à la base de du Xingyiquan - la boxe de la forme et de la volonté - l’ancêtre du Wushu.

Au courant du VIIe siècle, l’empereur T’ai-Tsung (règne 627-649) authorise le monastère à la formation guerrière d’un petit groupe de moines. Lorsque l’empereur subit le siège d’agresseurs, il demande l’aide du monastère, qui lui envoit 13 moines guerriers formés aux techniques de la boxe Shaolin - un événement historiquement documenté. Ceux-ci sont si efficaces dans la défense de leur souverain que celui-ci ordonne la formation de 500 moines guerriers supplémentaires. À cette période, environ 1500 moines vivent au temple Shaolin et un tiers d’entres eux s’entrainaient aux arts martiaux.

En 1674, l’empereur Kang-Hi (règne 1661-1722) demande l’aide des moines pour lutter contre ses ennemis. Le monastère lui envoit une centaine de guerriers Shaolin. La force de combat des moines est si efficace et fait si forte impression sur le grand empereur, qu’il se met à les craindre. En guise de remerciement pour leur mission héroique il envoi une armée attaquer et incendier le temple, tuant la plupart de ses habitants au cours d’un âpre combat. Alors que la majorité des survivants prennent la fuite pour trouver refuge dans d’autres monastères ou pour joindre l’opéra de Pékin, quelques moines restent dans les environs et continuent de se réunir et de pratiquer les arts martiaux en secret. À la mort de l’empereur Kang-Hi, le temple Shaolin est reconstruit et reprend sa fonction religieuse et de lieu d’enseignement et de formation aux arts martiaux.

En 1928, l’histoire du temple Shaolin connaît de nouveau une fin soudaine - bien que temporaire -, lorsque qu’il se retrouve au centre d’un conflit entre les seigneurs de la guerre chinois. Les moines Shaolin doivent fuirent devant le général General Hsi-Xousan et ses troupes pour sauver leur vie. Mais là encore, des moines réussirent à garder la tradition et à sauvegarder l’esprit Shaolin. Vers la fin des années ’70, le temple est rebâti dans toute sa splendeur.

Aujourd’hui, le temple Shaolin continue de prospérer comme monastère et comme centre d’art martial. Même le gouvernement communiste chinois a réalisé son importance et sa signification historique. Des groupes s’étant séparés du temple ou encore d’autres monastères dans d’autres régions de Chine ont même pris le nom de « moines » ou « temples » Shaolin pour attirer des membres. Mais seul le monastère de Songshan est le véritable berceau de la tradition et de l’art Shaolin.

Une telle quantité de talent, une telle concentration d’énergie dans un seul lieu et sur une si longue période de temps - plus de 1500 ans -, est sans aucun doute un fait unique dans toute l’histoire des arts martiaux.